Forum non officiel sur le chanteur Bruno Bénabar
 
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 Articles portant sur "Les bénéfices du doute"

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kiki
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MessageSujet: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Jeu 1 Déc - 10:47

MUSIQUE
Bénabar nous «emmerde»

30. novembre 2011, 21h29
Fred Valet | Le Matin

«Infréquentable» en 2008, il est de retour dans la peau d’une «tapette politiquement correcte». Qu’est-ce qui lui prend?

Bénabar profite de son sixième album pour balancer violemment des gentillesses!

Chansonnier à succès depuis «Reprise des négociations» en 2005, Bénabar s’est fait un joli fond de tiroir en peignant, avec humour et une précision chirurgicale, le quotidien des trentenaires moyens, de la lessive aux travers de la vie de couple. 2011, rien ne va plus, le bonhomme pousse un coup de gueule bourré de gentillesse dans son single «Politiquement correct» et élargit un peu son champ de vision avec «Les bénéfices du doute», son sixième album.

Donc, comme dans le refrain de votre single, vous nous emmerdez ?

(Rires.) C’est destiné à un discours ambiant. Sous prétexte de lutter contre le politiquement correct, on en vient à défendre, ou ne pas condamner, des propos vraiment dégueulasses.

Comment ça dégueulasses ?

Pour certaines personnes aujourd’hui, j’ai l’impression que ne pas être raciste ou misogyne, c’est démodé. Et j’ai un peu pris ça directement pour moi, qui suis très politiquement correct justement. Alors oui, je ne suis pas raciste et j’t’emmerde!

Faut-il s’afficher raciste pour exister dans les médias ?

Non, mais je trouve que dans cette lutte contre le politiquement correct, qui est une bonne chose en soit hein, il est apparu un courant de pensée qui en profite pour raconter des saloperies.

Vous êtes en colère…

Disons qu’au bout d’un moment, je me suis demandé si je ne faisais pas fausse route en défendant SOS Racisme par exemple. C’est fou! Mais c’est un petit coup de gueule personnel, ça reste de la chanson.

On vous a même «traité» d’Henri Dès pour adultes.

Je n’ai pas de problème avec ça. Pour cette chanson, j’ai été critiqué par Les Inrockuptibles et un site d’extrême droite. Certaines réactions m’étonnent quand même…

Etes-vous plus à l’aise avec l’image que vous projetez ?

Je reste angoissé à chaque sortie d’album! Mais j’ai plus de recul sur ce que je fais et qui je suis, oui.

Source : lematin.ch
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kiki
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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Jeu 1 Déc - 10:49

Le Télégramme - 01 décembre 2011

Bénabar «Les bénéfices du doute»

L'artiste Bénabar revient à ses premières amours. Son sixième album, «Les bénéfices du doute» (Sony), sort lundi. Il révèle un auteur-compositeur-interprète en pleine forme.

Finie la pop orchestrée de l'album «Infréquentable» (vendu à 500.000 exemplaires). Trois ans plus tard, Bénabar présente un album qu'il qualifie de «droit au but, sans fioritures». Cela se traduit musicalement par l'absence de cordes et de cuivres. Un banjo sert de fil rouge aux treize chansons nouvelles, réalisées par Jean-Louis Piérot (Bashung, Thiéfaine, Miossec...). Il a opté pour un univers plutôt country, folk et rock, avec des ouvertures au piano bastringue et à quelques choeurs féminins.

L'humour et la légèreté

Comme les musiques, les textes, ciselés jusqu'à l'épure, sont directs, à l'instar du «Mais moi, j't'emmerde!» qui ponctue «Politiquement correct». «La chanson est un coup de gueule, il ne fallait pas que ce soit trop joli dans la façon de le dire», justifie Bénabar. De dire quoi? «Que les gens qui fustigent le "Politiquement correct", en faisant de l'expression le synonyme d'angélique, ou d'un peu niais, finissent par donner crédit à des idées indéfendables. Pour moi, c'est bien de ne pas être raciste, de ne pas être misogyne...» «Les bénéfices du doute» est un album aux thèmes diversifiés. On pourrait encore sentir la colère pointer dans «L'Agneau», fable contemporaine sur les victimes du prêt-à-penser, sauf que, comme toujours, Bénabar prend du recul en privilégiant l'humour et la légèreté. «C'est l'histoire de l'agneau qu'invite le loup à manger, c'est l'histoire du cochon apprenti charcutier...», chante-t-il. «Les mirabelles», titre dédié au jeune comédien Jocelyn Quivrin, évoque la mort sans pathos. Rien de plombant non plus dans «Après de près», qui aborde pourtant, sur une musique enjouée, la dépendance à l'alcool. L'autodérision est une autre marque de fabrique de l'artiste. Tant mieux, parce que dans «Râteaux», il se rémémore une certain nombre de ceux qu'il s'est déjà ramassés.

Des croquis

Bénabar traduit à la perfection ces instants que tout le monde a vécus. Comme dans la chanson «La phrase qu'on n'a pas dite». «Celle qui fait passer des nuits blanches en pensant, mais putain, si je lui avais dit ça, je l'aurais démonté!», rit l'artiste. Dans «Faute de goût» aussi, où les mecs reconnaîtront leur nana énervante à se trouver moche quand ils la voient belle. «Je m'inspire du quotidien, parce que tout est dedans, note Bénabar. Les chansons ne sont pas forcément lourdes ou impérissables. Elles peuvent traiter de plein de petits moments. Je les vois plus comme des croquis qu'autre chose». Le coup de crayon est encore d'une remarquable justesse lorsque, dans «Moins vite», le papa-poule veut freiner le temps qui passe. «Quand on est père de famille, on n'est plus nostalgique de sa propre enfance, on devient nostalgique de celle de ses gosses!», observe-t-il. Enfin, il y a l'amour. Bénabar en offre une description drôle dans l'ultime chanson de l'album. «Je ne m'étais jamais autorisé à en parler aussi frontalement, constate-t-il. La chanson "C'est d'l'amour" est un peu le symbole de tout le disque!»
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Agnès

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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Jeu 1 Déc - 10:54

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Sandryne

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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Jeu 1 Déc - 12:48

Merci aussi Wink !
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Catherine

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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Jeu 1 Déc - 12:54

Génial ces commentaires sur le cd à venir ! merci Kiki !
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Laurence

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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Jeu 1 Déc - 13:27

Waow, quelle super critique ! Merci Kiki pour cet article, qui rend encore plus insupportable l'attente jusqu'à lundi ! bounce
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kiki
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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Jeu 1 Déc - 17:31

Critique beaucoup plus négative... mais comme la sagesse populaire le dit : on ne peut pas plaire à tout le monde !

Allomusic.com

Citation :
Bénabar : on a écouté "Les bénéfices du doute" (2011)
Magazine 01/12/11 à 15:20 | par Nicolas Roux

On a écouté le nouvel album de Bénabar :"Les bénéfices du doute"Bénabar ne veut surtout plus faire de Bénabar. Il a peur de se caricaturer lui-même, de reproposer un Diner bis, de ressortir la même recette à chaque album. Ambition particulièrement noble mais qui nécessite quand même de se réinventer avec autant de talent que ce qu'on savait déjà très bien faire. Et c'est là que le bat blesse.

La force de Bénabar tout au long de ses premiers albums (quatre si l'on compte "La p'tite monnaie" où il était encore avec ses associés) c'était de raconter des histoires. Ce garçon tout droit issu du scénario, école Canal plus, réussissait à décrire en quelques phrases une ambiance dans laquelle tout le monde pouvait se reconnaître. Plus que des anecdotes, il dressait le portrait d'une génération. Efficace, énergique, enlevé, Bénabar était le maitre.

Mais depuis deux albums, "Infréquentable" et "Les bénéfices du doute" donc, Benabar a perdu de son savoir faire. Il se contente trop souvent d'énumérations sur de fausses bonnes idées (La phrase qu'on n'a pas dite, L'agneau) ou de point de départ un peu maladroit qu'il espère sauver par des pirouettes (l'alcoolisme détourné dans Après, de près, la séparation qui rend fou dans Perdre la raison, les effets de l'amour sur le corps humain avec C'est d'l'amour). L'écriture se fait alors presque mécanique, sans surprise. Et, finalement les titres les plus réussis de l'opus sont, comme pour le précédent, ceux ouvertement pas très gai (Alors, c'est ça ma vie, très touchante et Différents?).

Car c'est sans doute ce qui manque le plus dans cette dernière livraison : de la joie et de l'enthousiasme. On aimait le Bénabar survolté, sautillant, avec cuivre et fanfare. Et puisqu'on l'aimait comme ça on savoit apprécier la valeur de ses mélancolies (Majorette, reste un sommet). Le chanteur ne voudrait certainement pas qu'on le réduise à son côté clown, alors il semble lutter contre lui-même. Et malheureusement, personne ne sort vainqueur de ce combat.
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Catherine

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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Jeu 1 Déc - 18:34

Badidonc...carrément négatif "le" Nicolas Roux...quand je pense qu'il a écrit un bouquin sur lui plutôt pas mal (Itinéraire d'un chanteur populaire en 2009 je crois) il cherche à écoeurer du nouvel opus avant même sa sortie... Suspect
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kiki
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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Jeu 1 Déc - 18:42

Je n'avais pas fait le rapprochement entre le nom du journaliste et l'auteur du livre. Donc finalement, la critique ne m'étonne pas ! Je n'avais pas aimé le livre. Voilà la critique que j'avais posté sur le forum à ce sujet :

Citation :
Première impression : "Tout ça pour ça"

Pourquoi cette déception ? Y'a même pas une malheureuse petite photo . Ce n'est que du texte. Le livre est épais mais détrompez-vous, il n'y a pas grand chose dedans, ils ont dû utiliser du papier 250 g (bon d'accord j'exagère un peu) et c'est écrit très gros (pas besoin de loupe, même en étant myope ou presbyte on lit sans lunettes). J'ai parcouru rapidement les 1ers chapitres et je n'ai rien appris de particulier et pour couronner le tout, je dirai que ce n'est même pas bien écrit. (ah oui ! l'auteur a lui aussi fait une faute sur le nom de famille de Bruno qui devient : Nicolli. C'est ballot quand même de prétendre connaître la vie d'un artiste et de ne même pas savoir son nom !).

Bref : ne vous précipitez pas pour l'acheter.
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Laurence

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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Jeu 1 Déc - 18:54

Ah, c'est lui l'auteur-fan qui se trompait (aussi) sur le nom de son chanteur préféré ! En même temps, il a le droit d'être déçu par rapport aux albums précédents, d'autant plus si il connaît très bien les chansons (ça semblait être le cas d'après son livre, d'ailleurs, même s'il avait plus de mal avec la bio). Mais je crois que les fans de la première heure ont du mal à comprendre et accepter que Bénabar vieillit comme tout le monde, au même rythme que tout le monde, que depuis les premiers disques il s'est mis en couple, a eu des enfants, et que ses préoccupations ne sont plus les mêmes que quand il était "adulescent". Quant à perdre de la légèreté entre 25 et 40 ans ou plus... ben oui, je confirme, ça s'appelle la vie !
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Catherine

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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Jeu 1 Déc - 19:20

Whouaaa Laurence...j'en ai la larme à l'oeil lol! tu revisites "4 murs et un toit" ?!

En fait, j'ai lu les 3 bouquins sur Bruno...ils se ressemblent beaucoup dans leur structure...il est vrai que le dernier ne comporte pas de photos Sad mais je ne l'avais pas vu plus mauvais que les 2 premiers...en fait, j'aime bien lire ce genre d'éclaircissements sur les chansons... Embarassed
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Agnès

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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Jeu 1 Déc - 23:56

Bénabar en showcase privé à Paris chez Sony: on vous raconte !

Bénabar était dans la capitale pour un showcase ultra privé durant lequel le chanteur a pu offrir au public un cocktail agréable de nouvelles chansons et de titres plus connus. Le moins qu'on puisse dire est qu'il n'a pas déçu.

Devant un public peu nombreux mais attentif, Bénabar a commencé son showcase avec sa nouvelle chanson Politiquement Correct dont le clip vous avez a été présenté il y a déjà plus d'une semaine sur Jukebo.

Accompagné de son groupe composé, entre autres, de deux choristes, d'un batteur, de guitaristes et de cuivres, il a poursuivi par L'Agneau, une autre chanson de son nouvel album Les Bénéfices Du Doute, avant de chanter l'excellent L'effet Papillon.

Particulièrement agréable, Bénabar s'est adressé plusieurs fois aux spectateurs, se permettant même quelques plaisanteries avant de donner le nom de la chanson suivante La phrase qu'on a pas dite et un autre titre très sympa, les rateaux.

Bénabar, qui a joué un total de neuf chansons, finit son showcase en beauté avec sa chanson la plus connue le diner. Toutes les personnes présentes ont ainsi pu se régaler et profiter d'une très bonne soirée.
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kiki
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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Ven 2 Déc - 9:51

Nord-Eclair - 02 décembre

Bénabar : « Je suis un angoissé de nature »
Publié le vendredi 02 décembre 2011 à 06h00


Bénabar, c'est un regard recelant autant d'humanité et de tendresse que de férocité. Bénabar, c'est un regard recelant autant d'humanité et de tendresse que de férocité.



Photo Levillain Kowalsk

On l'avait quitté « Infréquentable », on le retrouvera ce lundi dans les bacs avec « Les bénéfices du doute », son sixième album. Des sonorités country et un single « Politiquement correct » qui fait déjà sérieusement causer. Un très bon cru.



Trois ans sans qu'on ait de vos nouvelles musicales. Un besoin de vous recentrer ?

>> Pour écrire de nouvelles chansons, c'est le temps de gestation nécessaire pour moi. Il y a eu aussi ma première expérience au théâtre l'année dernière (Quelqu'un comme vous avec Jacques Weber, ndlr). Pendant un moment, j'ai pensé à me retirer quelque temps, à faire un break.

Pour quelles raisons ?

>> Parce que j'étais un peu sur les rotules après la précédente tournée. Je me disais aussi qu'on m'avait beaucoup vu. Puis finalement, ce n'était pas le moment dans ma vie. Parfois, il y a du bon à prendre du recul. D'ailleurs, c'est ce que font pas mal de mes confrères mais un peu plus âgés (rires).

L'album s'ouvre sur « Politiquement correct ». Une sorte de mise au point ?

>> C'est plus une réaction d'homme que de chanteur. J'écris sur ce qui m'entoure, me touche, m'émeut ou en l'occurrence m'énerve. Là c'est tout le discours, sous prétexte de lutter contre le politiquement correct, qui ne condamne pas des idées franchement dégueulasses comme le racisme, la misogynie, l'homophobie... Comme le politiquement correct gonfle tout le monde, on raille le fait que ne pas être raciste, c'est démodé ou chiant.

D'où le « Je t'emmerde » en guise de refrain ?

>> Je le pense quand je dis ça. Après, je voulais redévelopper la chanson, l'améliorer puis j'ai renoncé très vite parce que c'est un coup de gueule. Elle n'a pas d'autre ambition que ça. Donc oui, j'aime mes parents, mes enfants, je ne suis pas antisémite et je t'emmerde...

Comment s'est fait le choix de Jean-Louis Piérot (Bashung, Daho, Thiéfaine, Miossec...) pour la réalisation du disque ?

>> Je cherchais quelqu'un et mon directeur artistique m'a tout de suite mis en contact avec lui. Cela m'intéressait de travailler justement avec quelqu'un d'un univers différent. C'est pour ça que l'album a des ambiances « countrysantes ». On a fait très vite le choix de ne pas mettre de cuivres ou de cordes. J'avais envie de changer un peu de fringues.

Une autre façon de travailler ?

>> Jean-Louis a fait des albums mythiques, donc il n'a pas grand-chose à prouver. Mais il a une vision que je trouve assez « variété » dans le travail et qui me plaît. Il ne réfléchit pas en termes d'album ou d'image, il prend les chansons les unes après les autres.

Vous dédiez le poignant « Les mirabelles » à Jocelyn Quivrin (le comédien est mort à l'âge de 30 ans dans un accident de voiture en 2009, ndlr)...

>> C'était un homme et un acteur magnifique. Au moment où il a disparu, on commençait vraiment à être copains.
Cela m'a bouleversé parce que je pensais qu'on allait se voir pendant longtemps. Jocelyn était parti pour devenir le nouveau Philippe Noiret.

On se souvient aussi de l'émouvant « Je suis de celles » sur l'album « Les risques du métier ». Pourquoi ne creusez-vous pas davantage ce sillon ?

>> Je voulais que ça soit un album joyeux. Il ne l'est pas tout à fait par le choix des thèmes mais dans la facture d'ensemble. J'ai toujours peur aussi de tomber dans le pathos.

Le succès vous a-t-il parfois fait « perdre la raison » ?

>> Un peu sûrement. Après, j'ai eu la chance de rencontrer le succès assez tard. À mon avis, ça complique la vie quand il arrive à 20 ans. Moi, j'ai des copains qui me remettraient à ma place si je faisais n'importe quoi. Indépendamment du melon qu'a priori, je n'ai pas pris, je suis assez à l'abri grâce à mon entourage. Après, je reconnais que je ne vis pas comme avant ou comme tout le monde. Je sais que je suis incroyablement privilégié. Ne pas avoir de problèmes de loyer aujourd'hui, c'est un truc d'extraterrestre.

Toujours aussi bon vivant ?

>> Je ne fume plus, je fais du jogging mais par contre, je continue à aller au resto et à boire du bon vin. Ce n'est pas négociable, ça (rires).

« Les râteaux », une expérience vécue et traumatisante ?

>> On peut dire ça (rires). À une époque, je les ai cumulés. Cette chanson, c'est un peu une variation autour du râteau. Il y a des chansons qui avortent rapidement. Là, tu t'aperçois que tu ouvres une porte et plein d'idées jaillissent. C'est excitant à faire, ce genre de chanson qui déroule toute seule.

Comment expliquez-vous que, pour la première fois, vous aviez en stock deux fois plus de chansons écrites que celles qui figurent sur le disque ?

>> Je me suis moins posé de problèmes que d'habitude. J'étais très tranquille avec cet album. Évidemment, j'ai des nuits blanches par rapport à l'accueil qui lui sera réservé. Il y avait comme un sentiment de sérénité au moment de l'écriture. J'ai arrêté de me dire : « Est-ce que ma chanson est bonne ? Qu'est-ce que les gens vont penser ? »

Doit-on en déduire que vous êtes moins flippé que par le passé ?

>> Absolument. Avant, je me posais des questions sur le fait d'être chanteur, sur ma légitimité. J'ai réglé ça sans penser que mes chansons sont forcément bonnes. Je n'ai de doutes que sur elles mais plus sur ce qu'il y a autour.

Quel a été le déclic ?

>> Difficile à dire. Probablement l'expérience. Le célèbre album de la maturité, c'est peut-être celui-là.

Avez-vous été longtemps animé par le besoin d'être aimé à tout prix ?

>> Il y avait comme une envie de convaincre tout le monde. Même les critiques. Je comprends maintenant qu'on puisse ne pas m'aimer musicalement et que ça n'est pas forcément personnel. J'ai conscience, par exemple, qu'il n'y a pas Mistral gagnant dans mon disque mais j'espère que l'ensemble n'est pas trop mal quand même. Je me sens moins en danger personnellement. Avant, quand on critiquait mes chansons, j'avais l'impression qu'on me critiquait moi. Je sais faire désormais la différence.

N'est-ce pas donc cela « Les bénéfices du doute » ?

>> Pas faux. C'est le doute moins castrateur, moins écrasant. Je suis un angoissé de nature. Et ça a longtemps rendu certaines choses assez pesantes.

Avez-vous eu des propositions de cinéma depuis « Incognito » ?

>> Cela arrive assez régulièrement. Je ne croule pas non plus sous les projets. J'ai refusé pas mal de choses parce que je sais que je ne peux pas tout faire. Il y a des rôles que je ne me sens pas capable de jouer. J'en ai beaucoup parlé avec Jacques Weber pendant nos longues soirées en tournée.

PROPOS RECUEILLIS PAR PATRICE DEMAILLY



Dernière édition par kiki le Ven 2 Déc - 10:26, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Ven 2 Déc - 10:09

Très très sympa cette interview, merci.
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Laurence

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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Ven 2 Déc - 11:48

Oui, très sympa et très intéressante, merci Kiki ! Smile
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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Ven 2 Déc - 14:40

Oui super ! merci

Par contre, pas cool l'histoire du break...s'il le faisait finalement après la tournée 2012... affraid
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kiki
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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Ven 2 Déc - 17:26

LExpress.fr

Bénabar nous parle cash

publié le 02/12/2011 à 16:34

En ce mardi d'été indien, on rejoint Bénabar dans un petit bar de quartier, proche du bois de Vincennes, où il a ses habitudes. Il vient de finaliser son nouvel album (Les bénéfices du doute, disponible le 5 décembre) et semble à la fois exténué et heureux de partir en tournée.



Après des incursions au théâtre et au cinéma, comment s'est opéré votre retour à la musique ?

Très franchement, l'impulsion a été posée il y a dix ans. J'écris des chansons en permanence et parfois les gens avec lesquels je travaille me disent : " Ce serait bien que tu fasses un nouvel album ". Je ne travaille pas en termes d'album, j'écris et quand j'ai assez de nouveaux titres, je rentre en studio et je fais le tri. J'écris continuellement et ce processus m'épuise. Je travaille sans cesse. Quand je suis au théâtre, je continue à composer. Quand tu es auteur, tu n'as pas le choix. Je suis un auteur très heureux. J'ai 42 ans, deux enfants et une femme que j'aime.

Ce n'est pas un problème d'être trop heureux quand on veut écrire ?

A l'intérieur de moi ça continue de remuer, c'est très compliqué. J'en ai vraiment marre de moi et de mes complications intérieures. Je vis dans une tempête permanente, ça tangue de tous les côtés.

Etes-vous du style à écrire un texte d'une traite sur un coin de nappe, en fin de repas ?

Non, pas du tout ! Je mûris longuement chacun de mes textes. Je réécris beaucoup, je mets souvent un an pour finaliser un texte avant de le livrer au public. Cela me vient de mon expérience d'auteur et scénariste pour la télé.

Entre la scène, l'écriture et le studio, que préférez-vous ?

L'écriture est douloureuse mais c'est mon travail. Depuis que je suis enfant, j'ai toujours écrit. Après, je suis devenu chanteur car c'est un rôle qui me plaît. Le studio n'est qu'une formalité. J'adore la scène, être entouré par les musiciens, parler aux gens, sentir le public réagir aux émotions que j'essaie de faire passer dans mes chansons. C'est extrêmement valorisant... Un concert, c'est un moment de vérité. On a terminé l'album hier et je suis d'ailleurs très content de partir avec les musiciens en tournée. Ce sont mes copains. Denis, qui joue de l'accordéon, je le connais depuis vingt ans, on faisait les bistros ensemble à mes débuts. Je ne ressemble peut-être pas à un vieux de la vieille, mais j'en suis un !

Le tarif des billets de vos concerts est très faible, c'est important pour vous ?

Sur toutes mes tournées, je veille à demander un cachet assez bas, pour que les places soient accessibles. Avec Cali, nous sommes les deux qui demandons les cachets les moins élevés, même quand ça cartonne. On ne veut pas voler les gens. La vie est de plus en plus difficile pour une grande partie de la population, alors je suis solidaire.

Cette année 2011 a vu le monde connaître de nombreux bouleversements, cela vous a-t-il inspiré ?

Je suis hypersensible au monde qui m'entoure et j'ai essayé de traduire cette inquiétude dans mes nouvelles chansons. Pour moi, je vis cette hypersensibilité comme un fardeau. Quand j'écris, je ne me fixe pas de limite.

Vous sentez-vous proche d'autres artistes ?

Cali, Vincent Delerm, Michel Delpech, Aldebert... Ce sont mes potes, j'ai aussi deux ou trois ennemis mais j'ai surtout beaucoup d'amis dont je me sens proche.

Comment vous êtes-vous retrouvés dans le monde entier sur la BO de Cars 2 ?

Ils m'ont appelé et je suis parti en Californie, près de San Francisco, au Skywalker Ranch de George Lucas. C'est un petit pays avec un niveau de sécurité inimaginable où je faisais mon footing sous les yeux de gardes avec des fusils. J'étais dirigé en studio comme un acteur par John Lasseter, le réalisateur du film, et Michael Giacchino, compositeur des BO de Lost et Star Trek... Je me sentais comme un branleur et je me disais : c'est pas possible, je vais me faire jeter. Par la suite, John Lasseter et moi avons sympathisé et je lui ai organisé un dîner à Paris chez mon ami Jean-François Piège. C'était magique, c'est un génie !

Vous avez terminé en juin la tournée de Quelqu'un comme vous, mis en scène par Isabelle Nanty avec Jacques Weber. Qu'avez-vous retiré de cette expérience ?

C'était génial ! Jouer tous les soirs est une expérience fabuleuse qui m'a énormément apporté. Mais j'ai surtout aimé jouer avec Jacques Weber, qui est un partenaire magnifique. Sans lui, je me serais suicidé ! La pression du public, la peur du trou de mémoire... Tout ça est dur à gérer au quotidien. Ma femme est venue me voir à Lyon et je n'arrivais pas à monter sur scène. Ce n'est pas une histoire de trac : quand je chante, je n'ai pas le trac. C'est plutôt la peur de ne pas être au niveau qui me paralysait avant de rentrer sur scène. Néanmoins, l'expérience a été très enrichissante même si je ne mesure pas encore tout ce que cela m'a apporté.

Si vous ne deviez garder qu'un souvenir de cette belle expérience...

Ce serait la formidable histoire d'amitié que j'ai vécue avec Jacques Weber et Isabelle Nanty. C'est suffisamment rare dans ce métier pour être souligné... J'avais déjà vécu une aventure humaine similaire sur le tournage d'Incognito. Ce n'est pas sûr que je refasse un film un jour, et je ne le referais pas dans n'importe quelle condition, je serais vigilant si un projet se présentait à moi. Je suis content de n'avoir fait qu'un seul film et que ce soit celui-ci. On me dit qu'il faut que j'en refasse d'autres et vu les montants des cachets, il n'est pas impossible que je refuse. Ce sont des salaires mirobolants et j'avoue que ça compte pour moi ! Néanmoins, l'idée de n'avoir fait qu'Incognito me plaît. C'est un super film de copains, en plus, il a vraiment bien marché, il devient un peu culte : ça me convient tout à fait. A la fin de ma tournée, Jacques Wéber m'a dit : avant deux ans, il faut que tu rejoues, pour ne pas perdre la main. En six mois sur la route avec lui, j'ai appris plein de choses sur ce métier et j'aimerais vraiment devenir un bon acteur. Quand on touche cette profession du doigt, on a envie d'en connaître les finesses et les dessous pour prendre davantage son pied et mieux servir le projet.

Le fait d'avoir travaillé comme scénariste a-t-il changé votre façon de regarder la télé ?

Je la regarde différemment en effet : c'est un outil beaucoup plus artisanal que ne le pense le public. De l'extérieur, on a l'impression d'une énorme machine très léchée qui ne laisse aucune place au hasard alors que ce n'est pas du tout le cas. L'écriture pour le petit écran continue de m'intéresser. C'est un travail différent, mais je rêve d'y retourner un jour.

Après la télé, la musique, le ciné, le théâtre, rêvez-vous d'explorer d'autres domaines ?

Je veux continuer à faire des chansons. C'est mon vrai métier et le reste, c'est en plus. Le public peut me dégager d'un jour à l'autre, ne plus accrocher à mes chansons. Je sais que je suis sur la corde raide et que je peux tomber à l'eau d'un jour à l'autre, mais je vis avec. Pire, j'aime cette position. Je vis avec ma valise, prêt à changer de vie. Je ne veux pas d'un CDI de chanteur.

Avec les échéances politiques qui approchent, pensez-vous toujours vous engager ?

Je suis et je reste de gauche. Ca veut dire payer ses impôts, croire au service public et être vigilant avec le PS pour qu'il assure : non-cumul des mandats mais aussi droit de vote des étrangers...

Comment vous imaginez-vous dans dix ans ?

Je suis très superstitieux et ne veux pas me projeter. Dans dix ans... Je ne sais pas, je préfère ne pas y penser.

Quand avez-vous été le plus heureux ?

Je pense que ce n'est pas encore arrivé. J'attends que ça arrive avec mes enfants, mes parents ou mes frères... et c'est un motif d'espoir.

Où rêveriez-vous d'être maintenant ?

A deux maisons de là, chez moi.

Que vouliez-vous faire quand vous étiez enfant ?

Je rêvais d'être un clown, d'où mon nom de scène (Bénabar, c'est Barnabé en verlan, un nom de clown selon lui, NDLR) !
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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Ven 2 Déc - 18:04

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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Ven 2 Déc - 19:59

Eh beh, merci pour tous ces articles ! J'ai enfin pris le temps de rattraper tout mon retard Smile.
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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Ven 2 Déc - 20:05

Très bien l'article de l'Express.
Qu'est-ce qu'on a comme chance d'aimer un homme chanteur tel que celui-là !
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Catherine

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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Ven 2 Déc - 21:05

Merciiiiii Kiki ! en plus des articles top, photos top top top !!! I love you
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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Sam 3 Déc - 13:46

Article très très proche de celui de Nord-Eclair, mêmes questions, mêmes réponses sauf la photo change

La Provence - 03 12 2011

Bénabar ne doute presque plus
Publié le samedi 03 décembre 2011 à 12H58

Le chanteur "infréquentable" revient avec "Les bénéfices du doutes" qui sort ce lundi. Interview.
Bénabar est en concert au Dôme de Marseille le 28 mars.



L. Kowalski

La dernière fois qu'on a entendu parler de lui, il était soit Infréquentable soit il passait Incognito. Aujourd'hui, il est Politiquement correct et s'en fiche des qu'en-dira-t-on. Il croit même aux Bénéfices du doutes (Sony), son dernier cru.

- Trois ans se sont écoulés depuis "Infréquentable"...
Bénabar : Il y a eu le cinéma et le théâtre entre-temps. Trois ans, c'est le temps nécessaire à la gestation d'un album. Je n'ai pas eu de recul. Pendant un moment, j'ai voulu me retirer. Mais j'ai enchaîné très vite, en fait.

- Vous vouliez vous retirer ?
B. : Oui, faire un break, ça me semblait pas mal. C'était peut-être un coup de fatigue après la tournée. On m'avait un peu trop vu. Je me disais que c'était bien de faire de la place. Finalement, ce n'était pas le moment. Je suis encore à fond dedans.

- Vous revenez fort avec ce single "Politiquement correct" qui est une sorte de mise au point...
B. : C'est vraiment une réaction plus d'homme que de chanteur. Moi j'écris sur ce qui m'entoure, me touche, m'émeut ou, en l'occurence, m'énerve. Et là, c'est tout ce discours, sous prétexte de lutter contre le politiquement correct, qui ne condamne pas des idées franchement dégueulasses, le racisme, la misogynie, l'homophobie... Comme le politiquement correct gonfle tout le monde, on raille le fait ne pas être raciste, on trouve ça démodé ou chiant. Ma chanson, c'est un coup de gueule.

- Musicalement, cet album est un peu différent des autres...
B. : Cela m'intéressait de travailler avec quelqu'un d'un univers différent. C'est pour ça que l'album est un peu "countrysant". J'ai rencontré Jean-Louis Piérot (Bashung, Daho, Thiéfaine...), et très vite, on a voulu faire quelque chose de direct, de brut, comme pour les textes. Il a une vision que je trouve assez "variété" et qui me plaît bien. C'est de parler de chansons les unes après les autres, de les défendre jusqu'au bout, et pas forcément de parler de contexte ou de concept. Je crois que c'est en ça que je fais de la variété.

- "Les mirabelles" est dédié à Jocelyn Quivrin (le comédien est décédé à 30 ans dans un accident de voiture en 2009, ndlr)...
B. : C'était un homme et un acteur prometteur. Au moment où il a disparu, on commençait vraiment à être copains. Cela m'a bouleversé parce que je pensais qu'on allait se voir pendant longtemps. Et puis, Jocelyn était parti pour devenir le nouveau Philippe Noiret.

- Vous évitez le pathos...
B. : Je voulais que cela soit un album joyeux. Bon,il ne l'est pas tout à fait par le choix des thèmes, mais en tout cas, dans la facture, je voulais que cela soit gai et entraînant.

- Est-ce que le succès vous a fait "Perdre la raison" ?
B. : Un petit peu sûrement. Pas trop je crois, j'ai eu la chance d'avoir du succès assez tard. Je pense que ça complique la vie d'avoir du succès à 20 ans, tu n'es pas construit. A 30 ans, tu as des anciens copains qui te remettent à ta place quand tu commences à faire n'importe quoi. Après je reconnais que je ne vis pas comme avant, comme tout le monde, et que je suis incroyablement privilégié.

- Toujours aussi bon vivant ?
B. : Oui toujours. Je ne fume plus, je fais du jogging mais je continue à aller au resto et à boire du bon vin. C'est le seul truc qui n'est pas négociable !

- Vous avez écrit le double de chansons pour ce disque...
B. : J'étais inspiré et surtout je me suis posé moins de problèmes. J'étais très tranquille avec cet album. Evidemment, j'ai des nuits blanches par rapport à l'accueil qui lui sera réservé. Mais j'ai écrit ces chansons sans trop me soucier de ce que les gens allaient penser.

- Vous étiez très anxieux ?
B. : Oui. Avant, je me posais des questions sur le fait d'être chanteur, sur ma légitimité. Aujourd'hui, je n'ai des doutes que sur mes chansons et plus sur tout ce qui a autour. L'expérience, la maturité ? À 42 ans, on se dit :"C'est ça ma vie, c'est comme ça que je suis".

- Le besoin d'être aimé ?
B. : Oui, l'envie de convaincre tout le monde. Désormais, même les critiques, je sais que c'est possible, et que ce qui est dit peut être vrai. Je comprends qu'on ne m'aime pas. Je suis moins en danger personnellement. Avant, quand on critiquait mes chansons, j'avais l'impression qu'on me critiquait moi. Il n'y avait aucune différence. Maintenant, je la fais.

- C'est donc cela "Les bénéfices du doutes" ?
B. : Oui, le doute moins castrateur, moins écrasant. Je suis angoissé par nature, alors avant, le doute, c'était de l'agitation. Maintenant, il est plus serein.

Annabelle KEMPFF
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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Dim 4 Déc - 0:14

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Bénabar: «Cette fois, j’ai fait des chansons sans trop m’en faire»

03. décembre 2011, 18h36
Karine Vouillamoz | Le Matin Dimanche

Avec «Les bénéfices du doute», le chanteur français va droit à l’essentiel, sans esbroufe. Coup de fil.

«Les bénéfices du doute», un album qui permet à Bénabar de prendre de la distance avec le personnage qu’il s’est forgé.

«J’aime mes parents, j’aime mes enfants, j’aime pas la guerre, tu trouves ça peut-être politiquement correct mais moi, je t’emmerde!» C’est avec ces mots que Bénabar ouvre son nouvel album, baptisé «Les bénéfices du doute». Le chanteur français y exprime très clairement son agacement contre ceux qui s’opposent au politiquement correct. Mais le chanteur ne s’arrête pas à ce raccourci-là. Son disque est même plus fréquentable que le précédent. Ses ritournelles efficaces, joliment produites par Jean-Louis Piérot, ont une sacrée tenue. Ajoutez à ça des textes drôles à l’instar de «Les agneaux», émouvants comme «Les mirabelles», hommage à Jocelyn Quivrin, touchants avec «Moins vite» et ces enfants qui grandissent trop vite ou terrifiants avec «Différents». Plus humble, plus direct, Bénabar a pris de la distance avec le personnage qu’il s’était forgé.

Que signifiez-vous par ces bénéfices du doute ?

J’ai fait un album sans me prendre la tête, avec un doute plus constructif. Avant, j’étais plus proche de l’angoisse, de la peur de mal faire, l’envie de convaincre. Là, c’est un doute plus assumé. J’ai fait des chansons sans trop m’en faire.

Qu’est-ce qui vous a amené à cette distance ?

Je ne sais pas trop, ma vie, en général. Peut-être aussi le fait d’avoir dépassé la quarantaine, d’avoir fait du cinéma, du théâtre, d’être un peu plus tranquille sur l’ensemble. Je continue à être un anxieux mais moins qu’avant, professionnellement en tout cas.

Votre album a une tonalité très joyeuse, c’est ce que vous vouliez imprimer ?

Oui, c’était ma volonté. L’album précédent n’était pas très joyeux. L’ambiance générale ne s’y prête pas tellement, la crise est dure pour tout le monde, même si je suis conscient d’être un privilégié. Je voulais traiter de thèmes profonds sans me laisser aller au pathos.

Et ce «Politiquement correct», il est venu d’où ?

Ce n’était pas une volonté de faire de la polémique. C’était un coup de gueule et je l’ai écrit très simplement. C’est presque une discussion de bistrot.

Vous parlez des agneaux qui aiment le «prêt-à-penser», vous en connaissez beaucoup ?

Oui, j’en connais beaucoup. Il y a les jeunes agneaux que j’aime bien, les adolescents qui se cherchent mais j’en connais beaucoup aussi de plus âgés et ça devient plus inquiétant. Ce sont des gens d’extrême gauche en janvier, végétalien en mars, libéral en décembre et qui veulent aller vivre à Bali en octobre. Qui changent, qui écoutent et qui considèrent les opinions comme des fringues, c’est la mode.

Et vous, où vous situez-vous ?

Moi j’essaie de lutter mais je suis dans l’eau! Je lutte contre le consumérisme et j’ai un iPhone, je ne suis pas beaucoup mieux. Mais j’essaie d’avoir du recul par rapport à ça. Je vois dans mon métier des gens qui rêveraient d’avoir une couverture d’un journal branché, qui seraient prêts à tout pour être acceptés par les snobinards. Il y a cette volonté d’écouter celui qui parle le plus fort.

Ça vous plairait d’être aimé par les branchés ?

Je n’ai jamais couru après ça et je n’aimerais pas parce que ça me poserait un problème, ça voudrait dire que je me suis gouré quelque part. C’est aussi un jeu dans lequel je suis rentré. Sur mon premier album, j’ai dit que je préférais faire un papier dans Téléstar que dans les Inrocks car on touche tout le monde. Le côté élitiste ne m’a jamais attiré. Je n’ai pas une dent farouche contre les Inrocks mais en ce moment, ils basculent dans un truc élitiste qui me déplaît idéologiquement. C’est du rejet, du racisme social que je trouve assez dégueulasse mais ça les regarde. Moi, je m’adresse à tout le monde.

Dans «Moins vite», vous êtes moins obsédé par la fuite du temps sur vous que sur vos enfants, non ?

Oui, c’est vrai que je n’ai plus la nostalgie de mon enfance mais plutôt celle de mes gosses. D’un seul coup, quand on commence à ranger les jouets d’un gamin de 7 ans et qu’il y a plein de choses avec lesquelles il ne joue plus, ça donne le vertige mais en même temps, c’est le bon côté. Les enfants qui grandissent, c’est magnifique. Ça permet d’atténuer la douleur du temps qui passe.

Du coup, vous pensez moins à vous ?

Oui, je crois, même si je reste très coquet et égocentrique, mais sans doute moins qu’avant.

Où vous mènent vos envies ?

De plus en plus vers moi-même, ça se fait naturellement. J’ai envie de faire les choses le plus simplement possible, en m’assumant le mieux possible, en sachant qu’il y a des critiques à supporter. Je veux être un peu plus tranquille, ne pas me situer dans une compétition, ça ne m’intéresse plus du tout. J’ai eu le privilège de faire six albums, je suis conscient de cette chance et je veux l’utiliser à bon escient.

Quelle sagesse et quelle sérénité !

Oui, mais là on est le matin, j’ai bien dormi, ce n’est pas toujours le cas !
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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Dim 4 Déc - 10:45

Nan mais là tu me tues, Kiki : pour une fois que je me réveille tôt un dimanche, je pensais être la première à publier un nouvel article, ben non : tu l'as fait cette nuit pendant que je regardais le Téléthon !

Cela dit, n'hésite pas à éliminer ce post d'une rare indigence dès que tu l'auras lu ! Wink
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MessageSujet: Re: Articles portant sur "Les bénéfices du doute"   Dim 4 Déc - 13:36

Laurence a écrit:
Nan mais là tu me tues, Kiki : pour une fois que je me réveille tôt un dimanche, je pensais être la première à publier un nouvel article, ben non : tu l'as fait cette nuit pendant que je regardais le Téléthon !

Cela dit, n'hésite pas à éliminer ce post d'une rare indigence dès que tu l'auras lu ! Wink


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