Forum non officiel sur le chanteur Bruno Bénabar
 
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 [Archives] - Les articles du début (2000-2006)

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kiki
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MessageSujet: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Ven 16 Avr - 23:36

Connaissiez-vous ce chat ? C'est vraiment dommage qu'il n'y en a pas eu d'autres depuis (enfin pas à ma connaissance)


Retranscription complète issue du journal "Le Monde". Chat modéré par Télérama 19.10.05

Bénabar : "No future, ce n'est pas ma vision de la vie"

Hélène : En écoutant ce dernier album, j'ai l'impression que tu es complètement dans ton élément et que tu t'es vraiment amusé à l'enregistrer… Tu confirmes ?

Bénabar : Je confirme qu'on s'est bien amusés à l'enregistrer, mais comme tous les enregistrements, il n'y a pas que de l'amusement, il y a aussi beaucoup de travail. Le principal pour moi et pour l'équipe qui m'entoure étant de conserver de l'amusement même dans les moments de travail acharné.

Emmanuelle B. : J'ai remarqué que tu as une tendresse particulière pour les femmes (A poings fermés, Adolescente, Porcelaine) et surtout un grand respect à leur égard. Quelles sont les femmes qui ont contribué à une approche aussi douce et complice avec la gent féminine ? Ta grand-mère ? Ta maman ? Une amie ? Ou aurais-tu un côté féminin ... très développé ?

Bénabar : Une certaine Emmanuelle B. a beaucoup compté dans ma vie. Les rapports hommes-femmes me préoccupent comme tout le monde et c'est vrai que c'est un bon matériel pour faire une chanson, parce que c'est inépuisable et tout le monde s'y retrouve.

Emilie : Tu as, à mon avis, écrit la plus belle chanson dédiée aux femmes avec Je suis de celles. Comment l'as-tu écrite ? Quelle oreille prêtes-tu aux femmes ?

Bénabar : Merci. Je suis de celles, pour moi, c'était une chanson qui ne parlait pas que des femmes mais de l'exclusion en général, l'exclusion ordinaire, le principe de la tête de Turc et des gens qu'on rejette parce qu'on ne les comprend pas.

JEREMY : La chanson Quatre murs et un toit… cela veut dire que tu envisages de quitter Paris pour un pavillon de banlieue ?

Bénabar : Non, même si je reproche plein de choses à Paris, je m'y sens bien et ne me vois pas quitter la ville. Mais j'ai passé mon enfance dans un pavillon de banlieue.

Lucile : N'avez-vous jamais eu envie de faire des duos dans vos albums ?

Christophe : A quand un duo avec Renaud (Séchan pas Line !) ?

Bénabar : Si, j'ai souvent eu l'envie de faire des duos dans mes albums, mais ça ne s'est jamais fait. C'était sûrement pas le moment... Quant à un duo avec Renaud, j'en serais ravi et flatté, mais c'est plus à lui qu'il faudrait poser la question !

Régis : Cela peut paraître bateau, mais puisque tu as des origines italiennes, j'imagine que tu dois avoir un avis sur cette question qui divise le pays de tes ancêtres : "Le risotto, c'est avec ou sans vin blanc ?"

Bénabar : Régis, le sujet est en effet d'importance et mériterait un chat à lui tout seul ! Pour ma part, je mets du vin blanc dans le risotto, qui est, comme tu le sais, très bon. Contrairement au tien, pas terrible m'a-t-on dit... Je ne sais pas si c'est très orthodoxe de mettre du vin blanc, mais j'assume et je le défends haut et fort !

Emm : Dans la vie, tu es quelqu'un de positif. Vis-tu plutôt au jour le jour ou bien ta vie repose-t-elle sur tout un tas de projets?

Bénabar : Je vis plutôt au jour le jour, j'essaie de ne pas trop me projeter en général. Mais mes projets ne sont jamais très lointains. C'est-à-dire que je ne sais pas du tout ce que je ferai dans dix ou vingt ans. Et c'est d'ailleurs quelque chose de plutôt excitant de laisser venir les choses.

Mhaxym : Tu trouves réellement que ton style correspond à des grandes salles ? Pour t'avoir vu une bonne dizaine de fois, je trouve qu'il est important de tous vous voir de "près", non ?

Bénabar : Je pense que l'important ce n'est pas la proximité visuelle, mais plus la façon d'aborder le concert, et c'est à nous, sur scène, d'établir un contact chaleureux avec les gens. Je crois vraiment que c'est possible à faire dans une grande salle et je crois aussi qu'on peut jouer dans une toute petite salle sans aucun échange avec le public. Comme on dit pour d'autres sujets, ce n'est pas la taille qui compte !

spoon : La rentrée est riche en production chanson française "de qualité" (Clerc, Souchon, Arthur H, Thiéfaine), tu les a tous écoutés ? As-tu une préférence?

Bénabar : Je ne les ai pas tous écoutés encore, mais c'est prévu. Dans ce que j'ai écouté dernièrement, j'ai beaucoup aimé l'album de Cali.

jul : Benabar, désolé d'avance pour cette question un peu polémique, mais pourquoi vous êtes-vous froissé avec Vincent Delerm ? Pour ma part, je vous trouve à tous les deux beaucoup de talent, même si vous êtes dans un registre un peu différent.

Bénabar : A ma connaissance, on ne s'est pas froissés. Il m'est arrivé de le taquiner dans des interviews, mais je l'aime bien.

sorsancie : Il y a quelques semaines, dans une soirée, j'ai rencontré un joli garçon. De discussions en rires, nous en sommes venus à parler musique, et il m'a définitivement séduite en laissant traîner ici et là des citations de chansons de Bénabar. Un baiser échangé sous la pluie, il m'attrape par la main et m'emmène voir "quelque chose"... Je laisse faire. Je me retrouve chez lui, dans sa garçonnière, et il lance le DVD du concert au Grand Rex, en reprenant chaque tirade, chaque blague, avec de grands éclats de rire entre chaque... Jolie soirée, belle nuit! C'est la magie Bénab' !

Bénabar : Très heureux d'apprendre ça ! Je trouve que ton copain a de très bons goûts musicaux...

Oliv~: Tu as participé à un K.-O. social il y a quelque temps, tu deviens un chanteur "engagé"?

Bénabar : Un peu malgré moi. Malheureusement, la misère grandissante nous contraint à participer à ce genre d'événement et je crois qu'il faut parfois s'engager sans insister dessus dans les chansons, mais plus par sa présence dans les concerts de soutien pour des cris de colère comme le K.-O. social.

El_Pingu : On a observé dans tes albums, bien sûr, une tendance à critiquer certains aspects de la société, point de vue sincère, simple envie de traiter un sujet, ou comme tu le disais dans l'interview du Télérama de la semaine, chanson engagée destinée à faire valoir ton opinion ? Donc quel est pour toi le réel but de ta chanson ?

Bénabar : C'est toujours sincère. Le but d'une chanson, pour moi, c'est avant tout de raconter une histoire, d'essayer de toucher les gens et parfois de soulever quelques problèmes sociaux, même si je sais parfaitement qu'une chanson ne change pas les choses. Mais je crois que c'est à chacun d'avoir son mot à dire sur ce qui se passe, quel que soit son travail. Et comme moi je fais des chansons, ça se retrouve dans mes chansons...

aurelie_2 : "La nouvelle chanson française", on a aimés vous entendre quand Daft Punk ou Moby déshumanisaient la musique. Mais Delerm est devenu une caricature de lui-même, non ? Vous n'avez pas peur d'être passé de mode vous aussi ?

Bénabar : Je ne crois pas avoir jamais été à la mode, personnellement. Donc ce n'est pas une question qui me préoccupe trop. Mais je reconnais qu'on a pendant un moment beaucoup parlé de cette "nouvelle chanson française" et que ça a pu, à la longue, faire chier les gens.

sazmuel : Ne trouves-tu pas que musicalement certaines chansons de ton nouvel album ressemblent de très près à l'ancien ? Je pense à Vade Retro, Téléphone avec Le Souk et La Berceuse, avec J'étais de celles ? "

Bénabar : C'est vrai dans le cas de La Berceuse, la mélodie est approchante. Mais j'essaie de faire les chansons de la façon la plus simple qui soit. Le principal pour moi est que ça évolue. J'espère que c'est le cas. En tout cas, j'y suis attentif.

Clopin.._Clopan.. : Depuis votre chanson Je suis de celles, une nouvelle angoisse est née chez les filles, celle de se demander si on ne fait pas partie de celles qu'on appelle "machine" ! Ne vous sentez-vous pas responsable de ce nouveau fléau ?

Bénabar : Mais non, machine !

dynouche : Physiquement, mon mari a un air de ressemblance avec toi. As-tu un sosie officiel?

Bénabar : Heureux d'apprendre que ton mari est bel homme !!

JEREMY : Avec les joies de la promo (entre F. Panafieu et V. Genest sur Canal Plus), à quand Bénabar à la Star Academy ? Quelle est ton opinion sur la télé de notre nouveau siècle ?

Bénabar : Je n'ai pas vraiment d'opinion sur la télé. Pour moi, ce n'est pas un sujet en soi. Quant à la Star Academy, je n'irai pas à cause du racket aux SMS.

sandra_&_karan : En concert, pourquoi changes-tu l'air de certaines chansons ? On adore mais c'est dur de chanter avec toi !

Bénabar : Souvent parce que je me trompe ! Et aussi pour éviter la routine et essayer d'apporter quelque chose de moins figé. Je crois que les chansons sont faites pour vivre.

Emijolie : Maintenant que vous avez magnifiquement percé et êtes très très apprécié, après beaucoup de galères j'imagine, comme les vrais, quel rêve est encore le vôtre en tant qu'artiste ? Mis à part "durer" ?

Bénabar : Le rêve premier, quand on essaie de faire des chansons, c'est faire de belles chansons qui touchent les gens, qui soient agréables à entendre, et si possible pas trop connes à écouter.

matthieu : Content d'apprendre que tu aimes de Funès (cf. interview dans Télérama), comme tous les beaufs, je l'adore...

Bénabar : Maintenant, les branchés nous rejoignent, Matthieu, de Funès est apprécié de tous aujourd'hui. Continuons le combat !

noémie : Comment, quand tu fais une tournée à travers la France, que tu chantes tes chansons presque tous les soirs, tu peux encore faire passer des sentiments et toucher le public sans être blasé?

Bénabar : Même si ça ressemble à un cliché, chaque soir est différent et en plus, on essaie, avec les musiciens, de modifier les chansons, d'en changer l'ordre, d'en ajouter une, d'en retirer une autre... pour ne jamais se retrouver blasés. Sincèrement, ça n'est encore jamais arrivé.

tiphan : Qu'est-ce que cela te fait d'avoir inventé une nouvelle danse : la célèbre danse de l'ourson ?

Bénabar : C'est une de mes grandes fiertés. Au début, je voulais inventer le jazz, mais c'était déjà fait...

lili : J'admire ton contact avec le public. D'où te vient ce petit côté bête de scène?

Bénabar : L'excitation que procure le simple fait de se retrouver devant des gens et l'envie de faire passer des choses... Et merci pour le compliment, lili !

JEREMY : Te sentirais-tu capable, si plus rien ne bouge en France, de t'engager en politique ? BENABAR PRESIDENT !

Bénabar : Vraiment pas. La politique m'intéresse beaucoup, mais en tant qu'électeur.

Greg : Après quatre albums à parler des petits riens qui font la vie de tous les jours, n'avez-vous pas parfois l'impression de ressasser encore et toujours les mêmes idées dans vos chansons ?

Bénabar : Si, mais je crois que quand on fait des chansons, on cultive deux-trois thèmes sur lesquels on revient sans arrêt.

aurelie_1 : Est-ce que vous prolongez la soirée après un concert pour goûter à l'animation, ou la "non-animation" de la ville où vous vous trouvez ?

Bénabar : Cela nous arrive de faire la fête et de boire des coups après les concerts. C'est un exercice qu'on aime bien, les musiciens, les techniciens et moi-même.

Del : Benabar, il est philosophe ? Artiste ? Chanteur ? Poète ? parolier ? ou le quart de tout cela ?

Bénabar : J'essaie difficilement d'être parolier et chanteur.

majorette : Côté look, pourquoi le costard ? moi j'aime beaucoup, je trouve ça très excitant mais tu n'as jamais pensé à autre chose? C'est pour garder une certaine image ou rien à voir?

Bénabar : Si, j'y pense (à changer). Le costume a un côté passe-partout, assez contradictoire avec le fait d'aller sur scène, qui me plaît bien.

Marianne : Le Cahier de solfège, en tant que professeur de français en collège, est-ce que je peux la faire étudier cette chanson ?

Bénabar : Tu viens de me filer le melon, Marianne.

Marc : Votre chanson Vélo me fait penser à un dessin de Sempé (petit personnage obstiné) et au titre de l'un de ces albums Simple Question d'équilibre. Appréciez-vous les dessins d'humour des auteurs Sempé, Voutch qui, en un dessin, croquent comme vous en une chanson notre quotidien ?

Bénabar : C'est très gentil, et c'est vrai que j'aime beaucoup Sempé et aussi d'ailleurs les caricaturistes en général, qui arrivent à faire passer une idée avec un coup de crayon.

Catherine : Pour les séances photo, on vous demande de vous habiller en noir et vous le faites ?! C'est tristounet tout ça... comme un clown triste.

Bénabar : Le noir, ça amincit... Mais c'est vrai que je me suis plié à l'exigence du photographe. En même temps, je n'ai pas l'impression d'avoir trahi mes convictions...

mr_patterson : Après ton court métrage et la bande originale de Madame Edouard, envisages-tu de te rapprocher à nouveau du monde du cinéma ? Si oui, à quel niveau ?

Bénabar : Je n'ai pas de projet dans ce sens, mais ai beaucoup de copains dans le domaine. Je ne m'interdis rien par principe et surtout le cinéma me passionne toujours autant.

Morganinette : Quand est-ce que tu nous dévoiles ta nudité sur une pochette de disque? C'est vendeur....

Bénabar : A l'heure où je te parle, je suis nu ;-)

Emijolie : Quand on arrive à un tel succès, trouve-t-on de l'assurance ou bien est-ce que vous doutez encore de votre talent ?

Bénabar : Franchement, je doute encore de tout et, objectivement, j'ai de réelles raisons de douter. Mais c'est plutôt un moteur, donc ça ne me pose pas de problème. J'ai un peu froid... je vais me rhabiller.

Clopin.._Clopan.. : J'ai l'impression que lorsque vous vous faites interviewer, vous paraissez plutôt lointain, passif. Je remarque un tel contraste avec votre attitude vivante et entraînante pendant vos concerts que le moment en devient d'autant plus magique. Est-ce que le fait d'être sur scène est un moyen de vous "lâcher"?

Bénabar : Pour répondre à ta question, Clopin_Clopan, la scène est vraiment un moment particulier et qui permet effectivement de se lâcher et d'en rajouter dans l'énergie.

Harmony : Malgré les airs souvent légers et les jeux de mots amusants de tes chansons, celles-ci finissent souvent sur une note triste, voire cruelle (Majorette, Le Sac à main, et j'en passe...). Pourquoi tant de cynisme et de pessimisme dans des textes alors que tu te décris toi-même comme quelqu'un de positif ?

Bénabar : Je ne crois pas être cynique de nature, mais c'est vrai, plutôt pessimiste. Même si j'essaie de voir les choses du bon côté le plus souvent possible. Mais je reconnais que je suis parfois, dans mes chansons, rattrapé par une vision assez sombre des choses.

lila : Dans l'interview croisée, tu dis (si j'ai bien tout compris) que l'histoire/le sens est plus important que la musique; que "tu n'es pas un vrai musicien, que tout ce qui est technique, instrumental ou sonore ne te préoccupe pas" (du moins durant l'écriture). Pourquoi avoir choisi la chanson et ne pas avoir continué les courts métrages ? Pourquoi ne pas avoir choisi le sketch ? La poésie ou le conte ? ... Est-ce parce que la musique est la meilleure manière de mettre l'histoire en valeur ?

Bénabar : Je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure manière, mais c'est celle qui me convient le mieux et que je trouve la plus excitante.

Cyril_et_juliette : En tant que trompettiste, je voulais te demander, cher collègue, si tu avais le temps de bosser le bugle de temps en temps ?

Bénabar : Cher confrère, il m'arrive de jouer de la trompette et du bugle, mais malheureusement, trop rarement, ce que semble apprécier mon entourage, d'ailleurs.

DenCalif : Bonjour de Kinshasa au ... mais vous savez. Avez-vous déjà été invité par des centres culturels français à l'étranger pour vous y produire. Kinshasa, ça vous dirait? Amicalement.

Bénabar : Kinshasa, oui, j'adore la Suisse...

qui : Est-ce que la scène vous a déjà donné la nausée?

Bénabar : La nausée, non, mais parfois des tracs assez violents. Des moments où je me retrouve presque pétrifié. Mais j'ai la chance de vite passer à autre chose sur scène. Jusqu'à maintenant en tout cas.

Zykouille : Que penses-tu du téléchargement "illégal" de mp3 ? Te sens-tu fortement victime dans tes ventes d'albums? Télécharges-tu toi-même des morceaux?

Bénabar : Je comprends qu'on télécharge illégalement quand on n'a pas d'argent, mais il faudra m'expliquer pourquoi on trouve normal de payer Bill Gates en achetant ses ordinateurs, et pas les musiciens. Il y a là une logique qui m'échappe.

Marianne : Voit-on distinctement les gens au premier rang lors d'un concert ? Ou l'éclairage gâche-t-il tout ?

Bénabar : Oui, on voit bien les gens. Mais il faut essayer de ne pas trop s'arrêter sur des personnes pour ne pas être déconcentré.

maïs : Je remarque que vous aviez énormément d'humour. Ma question : vous considérez-vous vraiment comme un croqueur de l'époque?

Bénabar : Pas vraiment. Ma démarche est vraiment basée sur l'envie de raconter des histoires et de déclencher des émotions.

Aurélie : Est ce qu'on retrouvera Hulk dans la prochaine tournée ? Si non, qu'est-il devenu?

Bénabar : Oui, Hulk sera avec nous. On négocie encore son cachet, et j'ai bon espoir qu'on trouve un terrain d'entente.

Doudouard : J'aime bien regarder des épisodes de H (les premiers) et me dire que c'est toi qui les a écrits. Parfois je tombe sur des répliques ou des termes ("le rôle de la passade" par Ramzy) qui me font dire que c'est bien toi derrière de telles trouvailles ! Quels souvenirs as-tu de cette période bénie de la télévision française ?

Bénabar : Je n'étais pas seul à écrire, on était toute une équipe d'auteurs. J'en garde un très bon souvenir. On travaillait entre copains à écrire des bêtises, et en plus on était payés pour... C'était une belle période.

qui : Où est-ce que ta production situe ton public cible?

Bénabar : Ta question est trop pointue. Je te propose de contacter mes avocats, mes conseillers fiscaux, et mon nutritionniste, bien sûr...

naruto : Est-ce vraiment toi qui nous parles ? Prouve-le...

Bénabar: La la la la (Bénabar chante).

marie_2 : gna-gna-gna.....aurait pu être LA réponse

Doudouard : Quand est-ce que tu te lances dans le rap ?

Bénabar : Demain, je peux pas, j'ai un truc. Mais plus sérieusement, c'est une musique qui m'intéresse énormément.

Modérateur: Un dernier mot....

Bénabar : Le modérateur veut me faire taire. Merci beaucoup à tous. Cela m'a bien plu et j'espère que c'est réciproque…


Dernière édition par Kiki le Jeu 11 Nov - 16:59, édité 1 fois
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Agnès

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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Ven 16 Avr - 23:50

J'avais déjà lu ça quelque part (où ?), mais le plaisir a été réel de le découvrir à nouveau. Les personnes retenues étaient bien chanceuses.
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Laurence

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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Dim 18 Avr - 18:55

C'est vraiment excellent ! En plus un chat c'est rapide, pas le temps de réfléchir à la réponse, ça montre bien sa vivacité d'esprit ! (Le coup de "Machine", j'adore Very Happy )
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kiki
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MessageSujet: [archives] - Les articles du début (2000-2006)   Sam 21 Aoû - 22:21

Article de Libération paru en octobre 2003. Heureusement qu'il a pris un peu d'assurance à moins que le journaliste ait vraiment exagéré le début de son portrait.

Succès d'intime

Un petit homme. L'air perdu. Les yeux qui cherchent à droite, à gauche. Les mains qui se tordent. Tout à l'heure, sur scène, les bras brassaient, les jambes twistaient, il s'envolait, exhortait ses musiciens, disait pour rire qu'il était Raël, vannait un public écroulé à sa moindre mimique, des centaines de sourires reprenant en choeur ses états d'âme de trentenaire urbain : «Dans la table de nuit y'a plus d'capotes mais d'l'aspirine, y'a une fille qu'habite chez moi.» On attendait Bénabar le loufdingue rigolard, révélation de la chanson française post-2000. On pensait déjà claque dans le dos, fillette de rouge et lui debout sur la table, à lancer un karaoké géant. Mais, dans ce café aseptisé du XXe arrondissement, sa veste de costume pliée sur la chaise, sa jambe battant la chamade sous la table, le garçon timide commande un Coca et murmure à peine...

Pourtant, on le connaît. Omniprésent médiatiquement depuis le succès de son deuxième album en 2001, en plein dans la vague de la nouvelle chanson française, «terme de journaliste» (selon lui) pour évoquer le succès des Delerm, Sanseverino, Keren Ann et autre Biolay. Bruno Nicolini, alias Bénabar, 34 ans, auteur-compositeur-interprète, surfe sur l'engouement pour le détail quotidien justement croqué, le journal intime comme vivier à chanson conviviale. Bénabar nous parle de nous. Nous, les insérés pas tout à fait à l'aise : «Est-ce ma faute à moi/si j'aime le café et l'odeur du tabac/me coucher tard la nuit me lever tôt l'après-midi», les bobos en monospace, «avec un cercle en plastique/on appuie dessus ça sort, ça fait porte-gobelet», les aspirants au couple jamais sûrs d'être prêts, «Même si elle menace, me supplie à genoux/je n'irai pas manger une glace avec un pull autour du cou.»

Mais trop intelligent ­ ou trop ambitieux ­ pour se limiter à ce créneau, il incarne aussi l'adolescente en émoi, le gamin à vélo qui enlève pour la première fois les petites roues, la dépuceleuse du lycée : «Vous veniez chez moi mais, dès le lendemain, vous refusiez en public de me tenir la main.» Et il touche. Des accros : sur Internet, de nombreux «Bénabarges» passent leurs journées à décortiquer la moindre boutade de leur idole. Plus une partie du grand public. Passé, en cinq ans, d'un premier album confidentiel à un deuxième vendu à 230 000 exemplaires, une nomination aux Victoires de la musique, puis un troisième album en mai déjà disque d'or, Bénabar frôle le statut de «chanteur populaire». Son «Graal» : sortir de la cible «gauche Télérama». Ses 6 dates parisiennes (l'Elysée-Montmartre demain et après-demain puis le Trianon, et le Grand Rex en février) sont surbookées depuis des lustres, la tournée qui suit affiche déjà quasi complet. Dernière crânerie : faire la «fiche chanson» de Télépoche, juste après Nolwenn et Shakira : «Je préfère ça que les Inrocks. J'en ai marre de ce discours débile sur la chanson commerciale. Le but, c'est quand même de faire des chansons qui parlent à un maximum de gens.»

Mélange de Renaud pour la gouaille de comptoir, de Souchon pour le mâle fragile, de Brel pour l'épopée exaltée, on lui prédit une carrière à la taille de ces glorieux aînés. Prêt à assumer. «J'ai de l'admiration. Pas de complexe. Je connais mes influences, j'en profite.» Son atout : la scène. Six cents concerts en six ans, l'hyperactif ne peut s'arrêter de tourner, assurant une actu en continu. «J'ai essayé de partir au ski. Je suis rentré deux jours avant la fin. Ça m'a fait flipper : tout ce blanc, rien à faire...»

Il a commencé par là : bars et tremplins rock en duo, pour lancer un pote. Sa fascination pour le cirque ­ «à cause du mélange de tristesse et de gaieté» ­ leur inspire des pseudos de clowns : Patchol et Barnabé. Patchol parlant verlan, Barnabé devient Bénabar, se met au piano, se découvre une vocation. «Je n'avais jamais pensé être chanteur, même petit.» A l'époque, 1995, il est auteur pour Canal + (Bruno Gaccio et la série H), a réalisé trois courts métrages, caresse l'idée d'un long. C'est son père, régisseur, qui l'a entraîné sur les plateaux après un bac B poussif. «Je glandais, il m'a pris comme assistant. Mais pour faire un film, tu es obligé de séduire. Avec la chanson, ça va plus vite.» Patchol jette l'éponge, reste Bénabar. Une spectatrice assidue, Marion, devenue inséparable manageuse, le pousse à se lancer.

De son enfance ­ une maison à Saintry (Essonne), parents unis, mère libraire, un petit et un grand frère ­ il n'a que des «bons souvenirs» : «La pasta chaude chez les grands-parents immigrés italiens, les grandes tablées.» A une exception près. «Un épisode tragique à la puberté. Une pizza sur chaque joue, un steak tartare sur le front, j'étais la chose. Deux ans de misère sexuelle.» Tiens, le poltron se lâche. Sous les épaules gênées, la blague potache. L'anxieux en retrait cache l'observateur extralucide, le séducteur trop sensible pour tenter la facilité. Bénabar sait se faire aimer. Comment ?

1) Parce qu'il plaît aux filles. «Ce côté archimasculin et fragile en même temps, ça marche», note Alain Cluzeau, réalisateur de ses deux derniers albums. Il sait en jouer. Et rompre l'ambiguïté, si danger. «Je suis en couple. Fidèle.» 2) Parce qu'il dit des choses qui font du bien. S'il croit la chanson engagée «impossible, car forcément démago», Bruno ne mâche pas ses mots en interview. Une pique pour Raffarin : «La façon dont il manipule le vocabulaire, c'est scandaleux. Droit de grève devient prise d'otage. Acquis social : privilège. Et politique ultralibérale : bon sens.» Un Scud pour Florent Pagny : «Cette chanson poujado sur les impôts, c'est odieux.» 3) Parce qu'il prend des risques, assumant le dérapage incontrôlé. En première partie d'Henri Salvador, il raconte qu'il a pris la star en otage et, pour plus de sûreté, lui a cassé les genoux. Ça fait rire son parrain bienveillant. Pas le public, «un parterre avec monsieur le maire et madame la pharmacienne, grand silence, ils étaient glacés.» 4) Parce que c'est un emmerdeur adorable, enchaînant sur scène trous de mémoire et maladresses sublimement rattrapées, capable de colères dont nul n'est dupe et de grands élans. «C'est une tête de mule. Qui se démerde à chaque fois pour convaincre les autres», résume Nicolas Chuong, responsable de produits chez Zomba. «Il marche à l'affectif, case ses potes, sa famille, explique Marion la manageuse. Malgré nous, il nous influence. On reprend ses expressions, ses jeux de mots.» 5) Parce qu'il chante avec un mini-Hulk en plastique sur son piano. Jouet retrouvé dans une malle d'enfance, qui n'a jamais manqué un spectacle. Enième superstition ­ il y a aussi le bois à toucher, la médaille de la Vierge confiée par sa mère, les accolades rituelles avec ses musiciens ­ d'un chanteur décidément attachant. «Merci d'être venu, merci d'être resté», hurle-t-il à chaque concert. C'est tout ce qu'on lui souhaite.
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Laurence

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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Dim 22 Aoû - 0:02

Quel bel article ! Etant donnée l'année de parution, je ne suis pas sûre que le journaliste ait exagéré, il était vraiment hyper timide à cette époque ! Wink
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Carine

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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Dim 22 Aoû - 12:03

Oui article superbe, moi j'adore !!
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benaddict

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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Dim 22 Aoû - 19:05

très bel article, qui nous fait l'apprécier un peu plus, si c'est encore possible Rolling Eyes Rolling Eyes

bon fin de week-end flower et bonne reprise à celles qui comme moi retravaillent demain affraid
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laurene0005

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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Dim 22 Aoû - 23:30

J'ai pris un grand plaisir à lire cet article, magnifique! Bvo au journaliste, un Bénabar comme on les aime ... mais qui commande un coca ??? Shocked
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Laurence

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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Lun 23 Aoû - 0:07

Oui, j'ai trouvé aussi que c'était le détail-pas-crédible-qui-tue ! Laughing
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kiki
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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Mer 1 Sep - 18:10

En triant mes anciennes revues, j'ai retrouvé un n° de Francofans de mai 2006, dans lequel était proposée une interview croisée Cali/Bénabar.

Je vous mets les scans :





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Carine

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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Mer 1 Sep - 20:45

Merci Kiki ! Toujours capable de nous redonner un peu de nouveauté
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Agnès

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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Mer 1 Sep - 21:31

Merci Kiki !
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Laurence

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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Mer 1 Sep - 21:38

Merci et bravo pour la trouvaille ! Dis donc, tu as des archives très intéressantes, toi ! Wink
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kiki
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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Mer 1 Sep - 21:42

Laurence a écrit:
Merci et bravo pour la trouvaille ! Dis donc, tu as des archives très intéressantes, toi ! Wink
Hélas j'en ai pas beaucoup Sad
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Sandryne

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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Jeu 2 Sep - 12:38

Merci Very Happy
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laurene0005

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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Jeu 2 Sep - 14:42

Oh yes kiki !!! Dès que j'ai une minute je la lis ! =) merci !
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kiki
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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Sam 4 Sep - 10:59

Encore une vieille interview qui refait surface. Elle provient du "Nouvel Observateur" du 29 janvier 2004.

Bénabar : Chanteur désinvolte

«Un verre de poire, ça vous tente?» Studio Acoustic, Saint-Germain-des-Prés. Dehors, il pleut des cordes. A l’intérieur, Bénabar repose les siennes, entre deux séances de travail sur la BO du film «Madame Edouard».

Le Nouvel Observateur. – Il y a trois ans vous jouiez dans des arrière-salles de troquets enfumés, aujourd’hui vous passez chez Drucker. Ça fait quoi, d’être un chanteur à succès ?

Bénabar. – Pas grand-chose. Je ne passe pas mes nuits vautré aux Bains-Douches. Disons que cela apporte un certain confort. Et puis, désormais, les médias me demandent mon avis sur le bonheur, les intermittents, mes secrets de beauté. Hormis ça, je fais toujours le même métier. Et un jour sur trois, mes soirées se terminent au fond d’un bus avec une bande de musiciens.

N. O. – Sauf que la taille du bus a changé ?

Bénabar. – Exact. J’ai débuté en écumant les pianos-bars et les cabarets de sous-préfecture à bord d’une vieille bagnole. Puis on est passés au minicar. Depuis deux semaines, nous avons récupéré le tour bus de Robbie Williams. Avec chauffeur anglais, deux coins salon et une télé écran plat. La grande classe, même si je suis un peu déçu de ne pas avoir trouvé de vieilles groupies desséchées dans les placards. Mais bon, c’est à la taille du tour bus qu’on reconnaît l’importance du chanteur!

N. O. – Avec Vincent Delerm, Mickey 3D, Keren Ann… il paraît que vous incarnez «la nouvelle chanson française» ?

Bénabar. – Derrière le label «chanson française», il y a un côté cocardier, intégriste de la rive gauche, qui m’ennuie profondément. Cela sous-entend aussi que depuis vingt ans, il ne s’est rien passé. Aucun chanteur digne d’intérêt. C’est aberrant. Je ne crois pas à une génération spontanée. Simplement, à un moment une partie du public s’est lassée des grosses machines, des variétés de Zénith, de la chanson pour shows télé.

N. O. – Existe-t-il des rivalités entre vous ?

Bénabar. – Aucune. J’ai lu récemment que je ne pouvais pas encadrer Benjamin Biolay. Première nouvelle! Je ne le connais pas et j’aime ce qu’il fait. Le petit show-biz affectionne ces querelles montées de toutes pièces. Si nous avions vendu 40 millions de disques chacun, tout irait bien. Mais c’est vraiment pas le cas. Oups! (Il renverse son verre de poire sur son pantalon.) Mon costard tout neuf! Ça attaque?

N. O. – La tête, un peu; le costume, je ne sais pas. Vos chansons croquent avec drôlerie ou gravité des histoires du quotidien. Mais à quand Bénabar chanteur engagé ?

Bénabar. – La posture du poète torturé, très peu pour moi! Je trouve cela ennuyeux. Et puis, le risque, c’est de virer rapidement démago. Ce qui ne m’empêche pas de prendre position dans des interviews. Le pire, c’est «Ma liberté de penser», de Florent Pagny. Un texte ultrareac mais en même temps, il se fait faire des dreadlocks décolorées pour montrer que, malgré tout, c’est un mec cool!

N. O. – Vous faites partie des anciens de Canal+ ?

Bénabar. – J’ai coécrit les éditos de Bruno Gaccio pour l’émission « la Grande Famille ». J’ai aussi été l’un des scénaristes de la sitcom « H » avec Jamel et Eric et Ramzy. Une bonne école. J’arrivais avec des répliques que je voulais encadrer sous verre tellement je les trouvais hilarantes. Les acteurs les lisaient. Personne ne riait. Et mes vannes finissaient à la poubelle. La première fois, on trouve cela injuste. Après, on apprend à désacraliser ce qu’on écrit.

N. O. – Vous allez être papa. Allez-vous acheter le monospace que vous raillez dans l’une de vos dernières chansons?

Bénabar. – Après avoir beaucoup conduit, j’ai maintenant une peur panique de prendre le volant. Je m’évanouis. Je me sens mal. Cela donne lieu à des sketches dignes de Woody Allen, mais à vivre c’est moins drôle. C’est pour ça que j’ai choisi ce métier, pour avoir un chauffeur.

Vincent Monnier
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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Jeu 16 Sep - 22:09

Article trouvé encore dans mes archives. Il provient de la revue "Tout Chanson" parue en novembre 2004.


Dernière édition par Kiki le Jeu 16 Sep - 22:50, édité 2 fois
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Agnès

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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Jeu 16 Sep - 22:16

Merci Very Happy
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kiki
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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Jeu 10 Fév - 23:36

Vous saviez qu'au Québec, Bénabar était surnommé le "kangourou chantant" ? Je viens de le découvrir dans cet article paru en 2006 :

Bénabar : Le kangourou chantant

ARTICLE - 9 mars 2006
Francis HébertFrancis Hébert

En dix ans, Bénabar est devenu un phénomène en France, le chanteur populaire par excellence, avec ses chansons drôles et tendres. Rencontre avec le phénomène dans sa loge parisienne.

En plein Paris, à la mythique salle des Folies Bergère, un kangourou bondit, tourne sur lui-même, sue et frémit. Puis rebondit encore. Applaudissements hystériques. Déferlante de joie, de rires. Bénabar a la cote, il le sait, et s'en réjouit. Pendant deux heures, il peut remiser sa timidité et sa nervosité (bien palpables en entrevue), pour devenir une bête de scène irrésistible, un kangourou qui saute partout, s'approprie les planches comme peu savent le faire.

Il rejoint un vaste auditoire: élégants trentenaires comme lui, jeunes intellos dans la vingtaine, parents, grands-parents et... enfants. Il fallait les voir, ce soir-là, les mômes enthousiastes, emmenés par leurs parents. Bénabar, une sortie familiale? De père en fils, ça tape dans les mains à toutes occasions, ça chante avec le chanteur. Et ça bondit. Décidément. Un public kangourou.

Même si la chaleur est intenable au balcon, qu'on ne voit pratiquement rien, que la musique bouffe les paroles (essentielles, chez Bénabar), on tombe sous le charme du chanteur, ironique observateur de nos travers intimes: "Je ne me complais pas dans le populaire, je n'ai pas non plus la haine des intellectuels. Je me méfie seulement des faux intellectuels snobs. Contrairement à plein de gens, je trouve que le côté grand public, pour un chanteur, est très noble. Ce qui ne m'empêche pas d'aimer à la fois Michel Delpech et Alain Bashung ou Tom Waits", nous confie Bénabar dans sa petite loge des Folies, une heure avant son concert.

À l'heure du vin et des clopes, consommés avec angoisse, ça se lit dans son teint, blafard: "Le succès permet des conditions de tournée et de vie plus confortables, mais la pression, le stress augmentent aussi. Par nature, je me mets déjà de la pression tout seul, alors tu vois... J'ai toujours été hyper-nerveux et anxieux, mais j'essaie de résister pour ne pas sombrer là-dedans."

Mais au-delà des aléas, des malaises du chanteur populaire, il y a chez Bénabar une jubilation permanente: celle que procurent ses chansons. Une poignée d'albums en dix ans, une écriture précise, raffinée, des observations hilarantes. Un regard posé sur les choses, des histoires racontées de biais, par l'anecdote. Ainsi, sur le dernier opus, Reprise des négociations, qui vient tout juste de paraître chez nous, l'amateur de chanson française a souvent de quoi se régaler. Le Méchant de James Bond est un superbe exemple du style Bénabar, fait de détours, de références à la culture populaire, de dérision et de tendresse: "Il voudrait être un méchant de James Bond / Pour menacer la planète / Et soumettre le monde / Armé jusqu'aux dents dans un repaire qu'il imagine / À l'intérieur d'un volcan ou dans une base sous-marine / Il aurait un rire sardonique qui inspire la terreur / Pas trop sardonique quand même / Parce qu'il sait pas ce que ça veut dire". La chanson va bon train, on rigole, puis soudain: "Peut-être même que sa femme annulerait le divorce, et aucun juge n'aurait l'audace de le priver de ses gosses". De la fantaisie au constat d'une injustice sociale, voilà Bénabar dans toute sa splendeur.

Une utilisation du langage quotidien qui est chère au chanteur populaire: "Ce qui est important, c'est qu'on suive la chanson et qu'on comprenne ce que je raconte. Je ne vais pas essayer de montrer que je suis un intello et que je connais des mots compliqués." Grand lecteur? "J'ai du mal à lire des romans. J'ai un peu le défaut des trentenaires urbains qui lisent beaucoup les journaux, qui regardent trois fois par jour les infos à la télé." Mais ses chansons racontent admirablement la société dans laquelle nous vivons, avec juste ce qu'il faut de romances et d'histoires romancées pour faire de lui un chroniqueur de nos sentiments, toutes générations confondues. Populaire, quoi.

Source : voir.ca
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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Jeu 10 Fév - 23:51

Très beau cet article !
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kiki
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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Mer 2 Nov - 14:50

Article du 30 juillet 2002 provenant de swissinfo.ch

L’explosion Bénabar

Le 27e Paléo Festival s’est achevé dimanche. Retour sur l’une des révélations de cette édition, le Parisien Bénabar, qui a convaincu public et critique.

Rien n'est jamais évident pour Bénabar. Même la musique. Et à Nyon, sous le Dôme, le public s'est laissé surprendre par une ambiance comico-rock des plus drôles. Les organisateurs ne manquent pas de qualifier la prestation de Bénabar comme l'un des grands moments de l'édition 2002 de Paléo.

Les premiers succès de Bénabar, «La petite monnaie», «Bon anniversaire» ou «Y a une fille qu'habite chez moi» ont chauffé la salle. Et puis ce fut le temps d'un slow... mais pas n'importe lequel: «Ce n'est pas un slow, c'est une parodie», tout l'univers mielleux des premiers baisers passés à la moulinette de Bénabar, ça vire au sketch. Et il sait y mêler ses musiciens avec un talent presque touchant.

Les femmes et la vie

Quand on lui demande ce qu'il pense des femmes, le charmant trentenaire est très sérieux: observateur du quotidien, il les respecte, et le couple encore plus. «On a tous des complications dans nos rapports amoureux».

Amusé, tendre, parfois énervé ou revanchard, Bénabar déborde de sentiments. «La vie quotidienne montrée à la TV n'est pas la vie quotidienne, c'est du voyeurisme, pour moi. A côté de ça, on peut traiter la vie quotidienne avec du recul et de la pudeur. Je ne tiens pas au jour le jour une chronique de mon existence. Je choisis les gens desquels je vais parler. J'observe leurs travers en camarade, et je relève les petites bassesses qu'on vit tous. Mais je me mets dans le lot, je ne juge personne.»

Bénabar se dévoile au grand jour il y a quatre ans, sous le nom de «Bénabar et Associés». Il parle de nous, nous porte à l'autodérision. Certaines femmes le trouveront un peu «macho», à critiquer l'arrivée d'une compagne dans la vie paisible d';un célibataire, d'autres y trouveront de la tendresse.

Il emprunte à Brassens son côté «Les copains d'abord» avec «A notre santé», dans laquelle il se moque de ceux qui passent à côté des petits plaisirs de la vie. Couche-tard de par son métier, mais par goût aussi, le Parisien est lucide: «On ne fait pas de plus belles rencontres la nuit que le jour, souvent les gens sont plus superficiels qu'il n'y paraît devant un verre au plus profond de la nuit».

Le cinéma et l'âge du Christ

Bénabar a plus d'un talent dans son sac: le chanteur est aussi réalisateur de cinéma. Il a sorti «Le Brasier» en 1989, qui raconte une histoire d'amour franco-polonaise en 1931, dans le nord de la France.

Il a également collaboré aux trois premières saisons (au moins) de H, la sitcom de Canal Plus, avec le comédien suisse Jean-Luc Bideau. A 33 ans, Bénabar ne renie pas ses premières amours, mais tient à ne pas leur coller aux basques: Higelin et Renaud l'aident à traverser l'adolescence Aznavour et Brassens berceront ses pensées un peu plus tard.

Pas vraiment Stones, à peine Beatles, Bénabar. Brel, Bashung, Tom Waits, Nino Rota, voilà les noms qu'il vous sortira le plus volontiers de son chapeau d'artiste. Bénabar, comme son pote Sanseverino, assurent la relève de la chanson populaire française et lui donnent une fraîcheur critique qui tendait à s'épuiser dans l'Hexagone.

tsr.ch/Brigitte Perrin
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MessageSujet: Re: [Archives] - Les articles du début (2000-2006)   Lun 30 Juin - 4:27


Mis en ligne dans le kiosque le 26 octobre 2003.
Dialogue entre Bénabar et Renaud..
.


Renaud : J'ai écouté ton disque la première fois il y a six mois et puis là, ils me l'ont renvoyé pour l'interview. Je l'avais déjà, et je t'avouerais que je l'ai pas réécouté depuis. Donc j'ai un peu oublié tes chansonnettes, tes petites chansons. Tes belles chansons !! J'aurais dû me replonger dedans pour l'interview et voilà... C'est ma négligence !

Bénabar : Tout roule.

Réfléchis l'un à l'autre par une sorte de charisme naturel, Renaud et Bénabar vont bien ensemble dans le même décor. Fût-ce celui de la Closerie des Lilas, une brasserie guindée du quatorzième arrondissement de Paris dans laquelle on peut croiser, selon la table Pierre Bachelet (gasp !!!) ou Eve Ruggieri (damned !!). Si Bénabar dit que la verve de Renaud contribue à la liste de ceux qui l'ont incité à écrire, le second a toujours témoigné d'un intérêt pour ses contemporains les musiciens, les chanteurs à textes de talent, délurés ou simplement rock. Et Dieu sait qu'à bien des détours de "Bénabar", le deuxième album (et premier exposé au grand public après le discrètement sorti "La P'tite Monnaie"), avec ce "gamin qui tombe de vélo", ces addictions "au café et à l'odeur du tabac", et "ces couche-tard qui croisent les lève-tôt dans les couloirs du métro", on pouvait parfois se croire, à quelques éléments de décors près, dans l'univers d'une chanson de Renaud. Renaud, lui, sort d'un long tunnel qu'au terme de plusieurs cures de désintoxication, il a péniblement réussi à coucher sur bandes. Peines de cœur, alcoolisme, Renaud en a vu de toutes couleurs ces dernières années. Il en ressort un de ses plus beaux albums, pas loin derrière "Mistral Gagnant" ou la noirceur de "Putain de camion". Porté par quelques chansons Renaud pur jus ("Je Vis caché", "Elle a vu le loup"), "Boucan d'Enfer" est aussi le disque de chansons d'amour douloureuses proprement magnifiques ("Cœur perdu", "Boucan d'Enfer"). Composé sur la base d'un pari avec un copain (Renaud s'était engagé à lui dicter une chanson en l'improvisant pour se faire payer un verre, il en est sorti la chanson "Petit pédé"), cet album contient la chaleur de ses meilleurs moments, et sa verve unique, ce ton parfois caustique qui fait que Renaud est devenu le plus inimitable des chanteurs français. Ce n'est pas pour autant qu'avec Bénabar ils n'ont rien trouvé à partager.

Bénabar, tu me disais à l'instant combien Renaud est quelqu'un qui a compté pour toi...


Bénabar : Ben quand même, c'est devenu dur aujourd'hui de penser ses textes en français sans penser à Renaud. Après, on a des problèmes de culture générale ou d'affinités. Renaud, il fait partie de l'environnement musical pour les plus jeunes d'entre nous. En tout cas, moi, j'ai vachement écouté parce que je suis fan depuis bien longtemps. Mais même indépendamment de cela, c'est quelqu'un dont a priori tu ne peux pas dire qu'il ne t'a pas influencé. Tout comme Higelin.

Qu'as-tu trouvé chez Renaud que tu n'as trouvé chez personne d'autre ?

Bénabar : Une faculté d'utiliser des mots simples pour avoir des chansons très compliquées qui sont d'apparence très simples. C'est le plus dur : faire mouche au moindre détail, tout en donnant l'impression à tout le monde que ça a été écrit en trois minutes. La simplicité, c'est quelque chose de touchant et d'inspirant. Je disais pas cela en parlant de moi, mais plutôt de mon illustre confrère.

Il y a une chose amusante : sur son disque, Renaud met en chanson la tristesse que lui a inspiré le départ de sa femme, et sur celui de Bénabar, il y a cette chanson, "Y'a une fille qui habite chez moi", où il s'inquiète d'en voir une s'installer chez lui. Renaud, tu sembles regarder les jeunes amoureux avec une certaine nostalgie...

Renaud : Oui, il y a cette chanson, "Mal barrés", où j'en parle. Moi, je ne fais pas les chansons d'amour comme un exercice de style. Quand j'en fais une, c'est du vécu. Donc, ce que j'ai à raconter, c'est mon histoire.

Justement, ton histoire a été plutôt discrète, ces dernières années. Tu peux nous en parler ?

Renaud : J'étais au fond du trou, sans inspiration, en train de me détruire à l'alcool, au tabac et au chichon. Je n'avais plus de vie sociale ni d'existence artistique. Malgré tout, dans ces années noires, j'ai fait une tournée de 200 concerts en formule acoustique avec un piano et une guitare. Sans promotion aucune, donc ni les journaux, ni les télés, ni les radios n'en ont parlé. Le public était présent, mais bon.

Il y a une aigreur par rapport à tout cela, maintenant, quand tu vois le succès que remporte "Boucan d'Enfer" ?

Renaud : Non, pas du tout. J'ai enterré la hache de guerre avec les médias, avec qui j'étais en guerre pendant des années. Maintenant, j'essaie surtout de rencontrer des gens gentils. Et si possible des journalistes qui ont des questions pas trop con à poser.

Bénabar, tu en es où avec les médias ?

Bénabar : Moi ça se passe bien, mais c'est pas pareil. Comme je suis débutant, je ne suis pas connu, donc les gens qui me rencontrent sont des gens qui ont bien aimé mon album. Au stade où en est Renaud, ça n'est plus forcément pareil. Je n'en suis qu'à mon deuxième album - le premier était très sorti de façon confidentielle. Donc c'est toujours agréable de raconter à quelqu'un ce que tu fais pour essayer de toucher du public. Donc moi, je joue le jeu sans problème. Ça fait partie du boulot. Et je m'arrange bien avec les attachés de presse de la boîte.

Renaud : C'est quelle boîte, en l'occurrence ?

Bénabar : C'est Zomba/Jive.

Renaud : Connais pas.

Bénabar : Un indépendant américain qui fait des trucs énormes genre Britney Spears. Et ils ont ouvert une petite boîte en France où ils sont vingt. Et c'est grâce à la thune de Britney Spears que je fais des disques. Moi, ça me va. Il faut des gens qui rapportent le blé, et il faut bien que ça serve à d'autres !

Renaud, quel est le regard que tu portes sur la chanson française d'aujourd'hui ?

Renaud : Ça fait presque 25 ans que l'on me pose la question. (Arrghh !!! Les journalistes qui posent des questions pas trop con !!! — ndr). Comme si tous les cinq ans, ça évoluait, ça régressait. Il y a toujours autant de merdes et toujours autant de choses de qualité. Qui ai-je découvert, depuis quelques années ? J'ai découvert Mickey 3D, j'ai découvert Bénabar, Manu Chao (que j'adore), Noir Désir, mais ça fait un sacré moment qu'ils sont là. Akhenaton, aussi, mais ça fait dix ans qu'il est là...

Tu as été touché par le disque sur lequel des artistes de hip-hop français t'ont rendu hommage ? Ça t'a étonné ?

Renaud : Bah, j'ai été étonné qu'ils s'intéressent à mes chansonnettes, et touché, parce que c'est un bel hommage. Après, j'ai été un peu dérouté par la façon dont ils ont massacré mes mélodies, quoi.

À ce point ?

Renaud : Ah ben totalement, oui ! Il ne reste plus rien de mes chansons, quoi. Il reste le texte quand, pareil, il n'est pas massacré.

Et le texte, c'est le plus important ?

Renaud : Bien sûr. J'ai toujours dit que la musique était le véhicule pour mettre en valeur le texte et les mots. J'essaye de faire ça le mieux possible. Alors des fois c'est un peu rock, des fois c'est un peu folk, des fois c'est un peu country, mais dans l'absolu, peu importe...

Sur "Boucan d'Enfer", il y a cette chanson, "L'Entarté" où Renaud brosse un portrait pas glorieux de Bernard-Henri Lévy. Bénabar, penses-tu aussi qu'il faut élever une statue à Noël Gaudin ?

Bénabar : Alors moi, pas du tout, pour tout dire. L'entartage est une chose qui ne me plaît pas du tout. Une sorte de terrorisme médiatique qui me déplaît plutôt dans l'idée.

Renaud : Je trouve aussi. J'ai souvent dit en interview que je trouvais que c'était une agression très violente, mais je répète à chaque fois que quand même, qui n'a pas rigolé en voyant Bill Gates se faire entarter !??

Bénabar : Là, ça me fait marrer. Mais au fond, ce qui me gêne, dans l'entartage, c'est la haine de l'intellectuel qui, bon... BHL, il est ce qu'il est...

Renaud : C'est pas la haine de l'intellectuel, c'est la haine du surpuissant médiatique.

Bénabar : Non mais Bill Gates, j'approuve, mais dix fois sur BHL, bon... C'est quand même pas le pire.

Renaud : Ah non, c'est pas l'ennemi le plus redoutable, c'est vrai.

Bénabar : Y'a d'autres victimes plus pertinentes, je trouve. Jean-Marie Messier, par exemple.

Renaud : Je suis d'accord. Mais quand même, quand j'ai vu BHL se faire entarter au bout de six fois, ça m'a encore fait rigoler.

Renaud, dans "Je vis caché", tu racontes ta haine des mondanités.

Renaud : C'est parfaitement sincère. Je fuis les cocktails, les soirées showbiz, les dîners mondains, je ne connais pas. C'est une chose que j'ai toujours détestée.

Bénabar : Moi je ne suis pas invité aux mondanités (rires) !

Renaud : Ça viendra, ça viendra.

Quels sont les pièges auxquels on n'échappe pas quand on essaie de s'imposer en tant que chanteur ?

Renaud : L'étiquetage facile. J'ai toujours été une bonne cible pour les étiquettes. Chanteur loubard, chanteur de gauche, chanteur des banlieues... Pour l'instant, Bénabar a échappé à tout ça. Il reste un chanteur-compositeur-interprète pas marqué par une histoire caricaturale.

Puisque l'on est dans la caricature, tu es toujours le chanteur énervé/énervant que tu disais être ?

Renaud : Énervé, je pense l'être de moins en moins. Énervant, j'espère encore l'être à travers quelques chansonnettes, juste pour énerver quelques nuisibles, mais je suis moins énervé qu'avant. Avec la cinquantaine, j'ai pris un peu de recul.

Tu viens de terminer un film. Une passion ?

Renaud : Non, c'est juste que ça m'amuse. Ça permet de rester actif, d'avoir une activité professionnelle. Si je n'ai pas d'activité, je m'étiole. Et si je m'étiole, je me détruis.

Le cinéma, c'est une chose qui attire Bénabar ? Ton clip est plutôt drôle...

Bénabar : Je n'y joue pas véritablement mais c'était sympa car c'est mon frangin qui l'a réalisé. Moi, je viens d'une famille de cinéma, j'ai beaucoup été stagiaire-régie, ce genre de trucs donc, bon, ça ne m'attire plus trop. Je ne suis plus du tout branché par ce business. J'ai justement trouvé dans la chanson quelque chose qui m'allait. Quelque chose de simple, où il suffit d'être tout seul avec un piano. Où après, libre à toi de rajouter des gens. Mais où tu peux te passer de l'une usine à gaz qu'est le cinéma, qui demande énormément de pognon, énormément de gens. La chanson, c'est plus de proximité.

La scène jusque là a été ton meilleur tremplin...

Bénabar : J'ai commencé par la scène avant même d'avoir une maison de disques. J'avais déjà fait 300 concerts avant de signer. C'est l'avantage de notre métier : pouvoir faire de la scène sans sortir de disque. À choisir, je prendrais la scène, c'est sûr. C'est ça mon boulot. Faire des disques, voilà. J'ai fait un premier disque parce que je voulais aller jouer en province. On m'a fait comprendre qu'il fallait une carte de visite. Mais ça ne m'était jamais venu à l'idée avant. C'est sincère, c'est pas de la fausse coquetterie.

Renaud, la scène, pour toi aussi, c'est l'exutoire...

Renaud : Ah oui, c'est... J'ai deux passions dans ce métier : quand j'écris le mot ‘fin' en bas d'une chanson que j'ai réussi à écrire, et quand je suis sur scène avec le public. C'est magique.

Jouer les chansons de "Boucan d'Enfer" sur scène s'annonce-t-il difficile ?

Renaud : Pour l'instant, je n'en suis pas là. On n'a pas encore attaqué les répétitions du prochain spectacle. Le problème, c'est que je vais devoir défendre des chansons qui correspondent à une époque de ma vie qui est un peu révolue, où j'étais au fond du trou, en dépression. Mais les chansons existent, alors je vais les chanter. Le bonheur, il est sur scène. La larme du gamin de quinze ans au premier rang, c'est incomparable. Les briquets allumés...

Dans une chanson de son disque, Renaud parle du bar où il retrouvera les Boris Vian, Coluche, Desproges et Patrick Dewaere pour boire un coup le plus tard possible. Qui y a-t-il, toi Bénabar, dans ton "Bistrot préféré" ?

Bénabar : En premier, je dirais Claude Sautet. Nino Rota. Mastroianni...

Renaud : Tous ceux que j'ai oubliés : Mouloudji, Barbara, Topor...

Bénabar : Mais combien y'en a-t-il que j'aurais aimé rencontré ? J'aurai rêvé de rencontrer Mitterrand, Gainsbourg... Desproges !

Renaud : Des gens que j'ai eu la chance de fréquenter et de connaître. Je m'en sens un peu survivant, de cette époque, quand je vois l'hécatombe. Je parle même pas de Balavoine, de Michel Berger. Des collègues, des confrères...

Mais tu vois tout de même quelque chose de nouveau pour toi se profiler,non ?

Renaud : Non. Je vois que j'avais un public de base, de fidèles. Et là je vois que j'en touche d'autres. C'est bien de conquérir de nouveaux publics au bout de vingt-sept ans de métier.

Pourquoi toujours tes "chansonnettes", et pas tes "chansons" ?

Renaud : je n'ai fait que des chansonnettes. À une exception ou deux. Une chanson, c'est "Le temps des cerises", qui dure depuis deux siècles, et une chansonnette, c'est "Dès que le vent soufflera", qui dure dix ou quinze ans. C'est déjà pas mal. Ma seule chanson, c'est "Mistral Gagnant", et encore.

Quels sont les morceaux de Renaud qui t'ont le plus touché, Bénabar ?

Bénabar : Ça a été en deux temps. D'abord, quand j'étais môme, les chansons engagées, ou bien "Gérard Lambert". Et puis j'ai décroché. Et puis il y a deux ans je me suis racheté tes disques et j'en ai découvert d'autres. Aujourd'hui, malgré le côté nostalgique de la chose, j'aime moins les chansons engagées de l'époque. Je les écoutais le poing levé. Mais franchement, sans utiliser des grands mots à la con, il y a plus d'une dizaine de chansons qui sont, à mon avis majeures. Je le pense sincèrement. Sur "À la belle de mai", qui est malheureusement passée discrètement, il y a de super belles chansons. "Le petit chat est mort", c'est vachement joli.

Renaud : "Le petit chat est mort", tu connais ça, toi ? Parce que c'est une petite chanson, mais que j'aime bien.

Bénabar : Typiquement, c'est un disque que je n'avais pas acheté à sa sortie. Et voilà un titre que j'ai découvert. D'autres sont aussi complètement passés à côté des yeux du public, mais je ne suis pas inquiet pour Renaud. Une bonne chanson, ça reste une bonne chanson. Elles vont encore être découvertes !

Le meilleur album, c'est toujours le dernier en date ?

Renaud : Non. Pour moi, celui-ci me semble meilleur que les trois précédents, mais je reste toujours attaché à "Mistral Gagnant". Le plus fantaisiste, celui qui contient les meilleures chansons.

Un dernier mot ?

Renaud : Que Bénabar continue à nous faire de belles chansons. Il ira loin.

Bénabar : Je pense la même chose (rires).
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